Carburants : La France, le canard boiteux de l’Europe ?
Alors que les prix des carburants flambent, la France semble jouer les timides face à ses voisins européens. Le Rassemblement national crie à l’injustice, mais est-ce vraiment le cas ?
Face à la hausse des prix des carburants, les gouvernements des pays de l’Union européenne ont adopté différentes mesures. La France aiderait-elle moins que ses voisins, comme le suggère le Rassemblement national ?
Ce qui se passe réellement
Pour baisser les taxes sur le carburant, la France n’a qu’à s’inspirer de ses voisins européens. C’est ce que répète le Rassemblement national (RN). « Des mesures telles que celles que nous proposons sont appliquées dans d’autres pays de l’Union européenne. Je pense à l’Italie, je pense au Portugal, je pense à l’Autriche », déclarait Sébastien Chenu, le vice-président du RN, le 26 mars 2026.
Alors, face à la montée des prix de l’essence, certains gouvernements européens protègent-ils mieux leurs citoyens ? Quand les Portugais roulent, ils paient désormais 3,3 centimes de moins par litre d’essence, 1,8 par litre de diesel. C’est le résultat d’un dispositif qui baisse automatiquement les taxes lorsque les prix du carburant augmentent. Mais on est loin des presque 30 centimes de baisse que souhaiterait le RN.
En Italie, c’est beaucoup plus : moins 20 centimes par litre, grâce à une baisse des taxes, mais uniquement pendant 20 jours. Et revers de la médaille, un coût élevé pour les finances publiques : plus de 400 millions d’euros de manque à gagner, selon le gouvernement transalpin.
Deuxième problème, des pétroliers ou des distributeurs pourraient profiter de ces baisses de taxes pour gonfler discrètement leurs marges. La Pologne en a fait les frais en 2022. « C’est un risque qu’on a déjà observé dans le passé. L’État baisse l’impôt, et l’industriel ou le commerçant en profite pour accroître sa marge », prévient Jacques Percebois, professeur émérite à l’Université de Montpellier.
Pourquoi cela dérange
Les promesses du RN de réduire les taxes sur les carburants semblent se heurter à la réalité des finances publiques. La France, en jouant la carte de la prudence, laisse planer le doute sur sa capacité à agir efficacement face à la crise. Pendant ce temps, ses voisins prennent des mesures concrètes, même si cela implique des sacrifices financiers.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences directes de cette inaction sont claires : les Français continuent de payer cher à la pompe, tandis que d’autres pays semblent mieux protéger leurs citoyens. La question se pose : la France est-elle vraiment à la traîne, ou est-ce un simple coup de communication du RN ?
Lecture satirique
Ironie du sort : le RN, qui prône une politique de fermeté, semble ici jouer la carte de la générosité à sens unique. Promettre des baisses de taxes tout en ignorant les réalités économiques, c’est un peu comme vouloir remplir un seau sans fond. La contradiction est flagrante : comment défendre une politique de baisse des impôts tout en s’inquiétant des conséquences sur les finances publiques ?
Effet miroir international
À l’échelle internationale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les promesses de prospérité se heurtent à la réalité des chiffres. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont souvent utilisé des discours populistes pour masquer des politiques économiques désastreuses. La France, en jouant la carte de l’inaction, pourrait-elle suivre cette voie ?
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se poursuit, les Français pourraient bien se retrouver à faire la queue à la pompe, tout en écoutant les promesses d’un RN qui semble plus préoccupé par le buzz médiatique que par des solutions concrètes. La prudence budgétaire pourrait bien devenir le nouveau mantra de l’État, au détriment des automobilistes.

