Canal+ assigné en justice pour discrimination
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la CGT Spectacle ont annoncé, le 23 mai, avoir engagé une action en justice contre Canal+ pour discrimination. Cette décision fait suite aux déclarations de Maxime Saada, président du directoire de la chaîne, qui a affirmé ne plus vouloir collaborer avec les signataires d’une tribune dénonçant l’influence de Vincent Bolloré, actionnaire principal de Canal+, sur le milieu cinématographique.
Les propos de Saada, tenus lors du festival de Cannes, ont suscité une vive controverse. Il a déclaré : « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste ». La LDH et la CGT Spectacle estiment que cette position constitue un « choix brutal de discriminer » et crée un « climat dissuasif » pour toute critique dans le secteur culturel.
Les demandeurs sollicitent du tribunal judiciaire de Nanterre qu’il ordonne à Canal+ de cesser toute me d’exclusion ou de discrimination à l’encontre des signataires de la tribune. Cette dernière, qui a recueilli plus de 3 800 signatures, inclut des personnalités internationales telles que l’acteur espagnol Javier Bardem et le réalisateur britannique Ken Loach.
La chaîne, qui joue un rôle clé dans le financement du cinéma français avec des investissements prévus de 160 millions d’euros en 2026 et 170 millions en 2027, est au cœur d’un débat sur la liberté d’expression et la diversité des voix dans le secteur audiovisuel.
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a exprimé ses regrets concernant les déclarations de Saada, appelant au dialogue entre les différents acteurs du milieu. De son côté, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a souhaité une désescalade des tensions.
Source : AFP











