Bron : Jérémie Bréaud, le Kim Jong-un de la Mairie ?
Un maire qui fait signer des lettres de démission non datées à ses colistiers, ça ne vous rappelle rien ? À Bron, Jérémie Bréaud semble jouer les dictateurs en herbe.
« Ce deuxième mandat, ça va être la Corée du Nord ! », s’exclame un membre de l’ancienne majorité de Jérémie Bréaud. Le maire LR de Bron, triomphalement réélu dès le premier tour (55,53 % des voix), est comparé à Kim Jong-un, et ce n’est pas qu’une simple amertume d’un ancien élu écarté. Cette comparaison caustique s’appuie sur une initiative pour le moins surprenante de celui qui est devenu vice-président de la Métropole.
Ce qui se passe réellement
Lors de la campagne électorale, les colistiers de Jérémie Bréaud ont dû signer une lettre de démission non datée avant de poser pour la traditionnelle photo de groupe. Une sacrée épée de Damoclès qui transforme les nouveaux élus en béni-oui-oui, comme le raconte un ancien conseiller municipal. Renseignement pris, ces courriers ont bien été compilés par le maire et son équipe. « Je vous le confirme », se borne à répondre un élu de la majorité. La 5e adjointe, Nathalie Bramet, oppose d’abord une fin de non-recevoir avant de lâcher : « Ça n’a rien de choquant… »
« Mesurer la loyauté »
Contacté via son directeur de cabinet, Jérémie Bréaud assume la démarche au nom « du renouvellement important de [son] équipe – près de 50 % de nouveaux colistiers ». Ces lettres visaient « à mesurer la loyauté et la solidité de cet engagement collectif », complète le maire, qui assure qu’elles auraient été signées « spontanément par l’ensemble des colistiers concernés ». Mais, comme par magie, ces lettres auraient été détruites avant même le dépôt officiel de la liste en préfecture. Comprenne qui pourra !
Pourquoi cela dérange
Rien de tel n’avait été exigé par Jérémie Bréaud en 2020 lors de sa conquête de la mairie. À l’époque, il avait arraché à la gauche l’un des derniers fiefs socialistes de l’Est lyonnais, en s’alliant avec le MoDem. Moins de trois ans plus tard, il a écarté de son exécutif des élus centristes pour « défaut de loyauté ». Un vrai coup de théâtre !
Ce que cela implique concrètement
La méthode rappelle celle de l’ancien maire emblématique de Villeurbanne, Charles Hernu, qui avait procédé de la sorte dans les années 1980. Si les lettres n’avaient pas été détruites, leur utilisation aurait été problématique. « Mentionner une date ultérieure à la signature sur l’un de ces courriers aurait été constitutif d’un faux en écriture publique », estime une avocate.
Lecture satirique
En somme, Jérémie Bréaud semble jouer à un petit jeu dangereux. En transformant ses colistiers en marionnettes, il ne fait que renforcer l’image d’un pouvoir autoritaire, où la loyauté est mesurée à l’aune de la soumission. Un vrai spectacle de marionnettes, mais sans le charme de la comédie !
Effet miroir international
Cette dérive rappelle les pratiques de certains régimes autoritaires à travers le monde, où la loyauté est souvent synonyme de servilité. À Bron, il ne s’agit pas encore de camps de rééducation, mais la comparaison avec des politiques autoritaires n’est pas si éloignée.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, les citoyens de Bron peuvent s’attendre à un mandat marqué par l’autoritarisme et l’absence de débat. Une situation qui pourrait bien faire des émules dans d’autres municipalités.

