Prisonniers humiliés, nœud coulant exhibé : Ben Gvir, ministre israélien de l’outrance permanente
Des militants agenouillés, les mains attachées, le visage plaqué au sol. Les images de l’arrestation par Israël d’une nouvelle « flottille pour Gaza », diffusées le 20 mai par Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, ont rapidement fait le tour du monde. Sur la vidéo publiée sur sa chaîne Telegram, il déclare triomphant : « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous ! » tandis qu’une femme est maintenue au sol de manière violente.
Cette séquence a suscité des condamnations internationales, allant de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, au Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a été contraint de critiquer le comportement de son ministre. Depuis son entrée au gouvernement fin 2022, Ben Gvir a fait de la provocation un outil politique assumé, cultivant l’image d’un dirigeant défiant ouvertement les codes diplomatiques.
Prisonniers exhibés, humiliations filmées
La détention des militants étrangers s’inscrit dans une longue série de mises en scène humiliantes autour des prisonniers palestiniens. En août 2025, Itamar Ben Gvir avait diffusé une séquence filmée devant la cellule de Marwan Barghouti, figure emblématique de la cause palestinienne, emprisonné depuis 2002. Face caméra, il s’adressait au détenu de 66 ans d’un ton menaçant, déclarant : « Vous ne nous vaincrez pas [.], ceux qui assassinent nos enfants et nos femmes seront effacés. »
Ben Gvir a fait des prisons israéliennes un théâtre politique, diffusant des images de détenus palestiniens filmés sous la menace dans leurs cellules. Des organisations de défense des droits humains l’accusent d’avoir institutionnalisé une politique de mauvais traitements systématiques envers les détenus palestiniens. Selon les associations de prisonniers palestiniens, près d’une centaine de détenus sont morts en prison depuis octobre 2023, contre environ 230 entre 1967 et 2023.
Une fascination assumée pour la pendaison
Ben Gvir alimente la controverse à travers des symboles, notamment celui du nœud de pendu. En mai, des images de son cinquantième anniversaire ont provoqué la stupeur, avec un gâteau décoré d’un nœud coulant, faisant référence à la loi sur « la peine de mort pour les terroristes » qu’il défend. Adopté fin mars, ce texte vise les Palestiniens condamnés pour des attaques meurtrières contre des Israéliens.
Lors de sa soirée d’anniversaire, un second gâteau représentait une carte d’Israël intégrant Gaza et la Cisjordanie, entourée de pistolets, symbole de sa politique de facilitation du port d’armes après les attaques du 7 octobre.
L’esplanade des Mosquées, terrain favori de ses provocations
L’esplanade des Mosquées à Jérusalem est un autre lieu privilégié pour ses démonstrations politiques. Depuis 2023, Ben Gvir s’y est rendu une quinzaine de fois, clamant « Vive le peuple d’Israël ». Ces visites répétées, perçues comme des provocations délibérées par les Palestiniens et la Jordanie, ont contribué à exacerber les tensions dans la région.
Ben Gvir, ancien membre du mouvement ultra-orthodoxe Kach, a été inculpé plus de cinquante fois pour incitation à la haine ou à la violence. En juillet, la Slovénie est devenue le premier pays de l’Union européenne à déclarer persona non grata Ben Gvir, suivi par les Pays-Bas et l’Espagne.
Source : France 24












