Bangladesh : Quand la pénurie d’essence devient un spectacle tragique
Des files d’attente interminables aux stations-service, un gouvernement qui nie la pénurie, et des consommateurs en mode « achats panique » : bienvenue au Bangladesh, où la réalité dépasse la fiction.
INTRODUCTION : Alors que les automobilistes bangladais attendent des heures pour faire le plein, le gouvernement de Dacca, lui, préfère jouer à l’autruche. « Pas de pénurie ici, juste des consommateurs un peu trop nerveux », semble-t-il dire. Une belle manière de détourner l’attention des véritables enjeux économiques qui frappent le pays.
Ce qui se passe réellement
De longues files d’attente aux stations-service, des automobilistes contraints d’attendre des heures pour espérer avoir de l’essence, des réseaux illégaux en embuscade qui en stockent pour le revendre au marché noir : la crise du carburant ne cesse de s’aggraver au Bangladesh. Dacca assure pourtant que le pays ne souffre pas de pénurie et incrimine les « achats panique » des consommateurs.
Le pays de plus de 170 millions d’habitants subit de plein fouet les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, alors qu’il était déjà fragilisé par la chute du régime de Sheikh Hasina en août 2024. Pour éviter de répercuter trop fortement le prix à la pompe, le gouvernement a sollicité un prêt d’urgence de 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) auprès du FMI et de la Banque asiatique de développement. Mais la hausse mondiale du coût du pétrole a des conséquences en chaîne sur le textile, cœur de son économie qui pèse 80 % de ses exportations. Les coûts de fret ont fait grimper les dépenses logistiques globales.
Pourquoi cela dérange
Les incohérences du discours gouvernemental sont frappantes. D’un côté, on nous dit que tout va bien, de l’autre, les files d’attente s’allongent. La réalité est que le gouvernement préfère blâmer les citoyens plutôt que d’admettre ses propres échecs. Une belle démonstration de déconnexion entre le pouvoir et le peuple.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont désastreuses : les petites entreprises, déjà fragilisées par la pandémie, risquent de s’effondrer sous le poids des coûts logistiques en hausse. Les consommateurs, quant à eux, sont pris en otage par un système qui semble plus préoccupé par son image que par le bien-être de la population.
Lecture satirique
Le gouvernement bangladais, en mode « tout va bien », semble jouer dans une pièce de théâtre tragique où les acteurs principaux sont des citoyens désespérés. Les promesses de stabilité se heurtent à la réalité d’une crise qui s’aggrave. Ironie du sort : le pays qui a tant misé sur son industrie textile se retrouve à la merci des fluctuations du marché pétrolier.
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres pays où les gouvernements, face à des crises similaires, choisissent de blâmer les citoyens plutôt que de prendre des mesures concrètes. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la stratégie reste la même : détourner l’attention des véritables problèmes en désignant des boucs émissaires.
À quoi s’attendre
Si la situation ne s’améliore pas rapidement, le Bangladesh pourrait connaître des troubles sociaux majeurs. Les promesses de relance économique risquent de s’évaporer comme une brume au lever du soleil, laissant derrière elles un paysage de désespoir.

