Derrière le sort de ce Français, l’inquiétude grandissante pour les personnes LGBT+ au Sénégal
Une vague d’homophobie sans précédent touche le Sénégal depuis plusieurs mois. Cette semaine, le Quai d’Orsay a confirmé l’arrestation d’un ingénieur français d’une trentaine d’années, accusé d’« actes contre-nature ». Selon des sources diplomatiques, il est également soupçonné d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux, et de tentative de transmission du VIH.
Le ministère des Affaires étrangères suit la situation de près. « Notre consulat a pu lui rendre quatre visites dans le cadre de la protection consulaire, et demeure en relation étroite avec sa famille », a déclaré une source diplomatique.
Le Sénégal, pays majoritairement musulman, a récemment adopté une loi qui punit désormais de cinq à dix ans de prison les relations homosexuelles. Ce texte, voté le 11 mars, a suscité des débats houleux parmi les députés, avec des déclarations marquantes telles que celle d’une élue affirmant que « les homosexuels ne respireront plus dans ce pays ».
Les relations entre personnes du même sexe sont perçues comme une déviance au Sénégal, et le durcissement de leur répression est une promesse politique du gouvernement en place. Le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux, a exprimé la préoccupation de la France face à cette législation, qui introduit de nouveaux délits liés à la promotion de l’homosexualité.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé cette loi comme une violation des droits humains. Cependant, les réactions internationales restent jugées insuffisantes par des organisations comme ILGA-Afrique, qui décrivent un « climat de peur grandissant » pour la communauté LGBT+.
Les arrestations pour homosexualité présumée entraînent des fouilles de téléphones pour identifier d’autres personnes à arrêter, rendant la communication risquée pour les individus LGBT+. En réponse à cette situation, l’association française Stop homophobie a ouvert une ligne d’écoute internationale, recevant plusieurs dizaines d’appels de personnes souhaitant fuir le pays.
Les experts soulignent que le manque de réactions internationales peut être attribué à divers facteurs, y compris le retrait des États-Unis en tant qu’acteur humanitaire majeur et une certaine réticence des pays occidentaux à se positionner sur ces questions sensibles.
Source : AFP
