À Rennes, un nouveau microscope de compétition

À Rennes, un nouveau microscope de compétition

Un cryo-microscope électronique de pointe a été récemment installé à l’Institut de génétique et développement de Rennes (IGDR), sous la gestion de Biosit. Cet équipement, le Cryo ARM 200, est capable d’observer des éléments à l’échelle atomique avec une précision de deux à trois angström, soit 10^-10 mètre. Il permet non seulement de visualiser des structures extrêmement petites, mais aussi de reconstruire en trois dimensions des molécules biologiques telles que les ribosomes, des amas d’ARN et des protéines présentes dans les cellules humaines, animales, ainsi que dans certaines bactéries et virus.

Résolution inédite

À première vue, le Cryo ARM 200 ressemble davantage à une grande armoire électrique qu’à un instrument scientifique. Cependant, selon Matthieu Benoit, chargé de recherche à l’Inserm à Rennes, il s’agit d’un « microscope complexe et d’une résolution exceptionnelle » qui utilise un faisceau d’électrons et de réglages fins pour observer la structure et l’organisation des systèmes biologiques. Son fonctionnement repose sur l’envoi d’électrons à travers l’échantillon, qui sont captés par une caméra et analysés dans un poste de contrôle. Avant d’être observés, les échantillons doivent être cryogénisés, une opération délicate qui nécessite une manipulation précise. Céline Callens, ingénieure d’études CNRS, souligne l’importance de cette étape, qui consiste à plonger rapidement les échantillons dans de l’éthane liquide à -180 °C pour éviter la formation de cristaux de glace.

Applications médicales

Ce nouvel équipement permet d’examiner plusieurs dizaines de molécules par jour, un progrès significatif par rapport à l’ancien cryo-microscope, qui ne pouvait en analyser que deux à trois. Matthieu Benoit précise que ce microscope est essentiel pour comprendre comment certaines mutations de la kinésine KIF1A affectent son fonctionnement, ce qui peut provoquer des maladies neuronales rares. De plus, cette résolution accrue facilite l’identification des mécanismes de la biorésistance, ouvrant ainsi la voie au développement rapide de nouveaux antibiotiques contre les bactéries infectieuses.

Source : Article de l’Institut de génétique et développement de Rennes (IGDR) et Biosit.

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